Le monde des loisirs

La fin du tourisme en Turquie

« Au vu de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet et de ses conséquences, nous encourageons les citoyens américains à revoir leurs projets de voyage en Turquie », écrit la diplomatie américaine dans un communiqué. La tentative de coup d’Etat de vendredi soir s’est vite soldée par un échec et le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a accusé son ennemi juré, le prédicateur Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis, d’avoir fomenté le putsch, ce que Fethullah Gülen nie. Recep Tayyip Erdogan a demandé son extradition à Washington. Un contrecoup pour le tourisme turc. Dans son communiqué, le département d’Etat évoque également des « risques accrus émanant de groupes terroristes à travers la Turquie ». « Des touristes étrangers, dont des Américains, ont déjà été visés explicitement par des organisations terroristes internationales et nationales » en Turquie, explique la diplomatie américaine. Le secteur touristique turc doit déjà encaisser les contrecoups des attentats survenus ces derniers mois dans le pays, dans le centre historique d’Istanbul et à l’aéroport international Atatürk notamment. Ainsi, en mai, la Turquie a affiché sa plus forte baisse d’arrivées en 22 ans, avec une chute de près de 35% du nombre de touristes étrangers, à 2,5 millions de visiteurs.


Faire du ciel le plus bel endroit de la terre

Je ne sais pas si j’ai fait du ciel le plus bel endroit de la terre, mais je sais que j’ai fait de la terre l’endroit le plus dangereux, le week-end dernier ! Car ce jour-là, j’ai effectivement joué les filles de l’air à bord d’un tout petit avion. Et non seulement ça, mais j’étais surtout aux commandes de l’appareil ! J’ai passé ce sympathique petit stage de pilotage d’avion à Aix en Provence. J’étais de passage pour quelques jours, et j’en ai profité pour faire là une des plus belles expériences que j’aie pu faire dans ma vie. En fait, je ne pensais pas que l’expérience me plairait à ce point. La journée était nuageuse, mais pas trop. Il n’y avait pas trop de vent (ce qui était bien), et une visibilité à des kilomètres à la ronde (ce qui était très bien). Dans l’ensemble, c’était une belle journée. Avant de me lancer, je pensais que je n’aurais qu’à prendre les commandes une fois en vol, que c’est un pilote professionnel qui s’occuperait de nous faire décoller et atterrir. Mais j’étais loin du compte. Parce qu’en réalité, je me suis occupé de tout ! Du début à la fin, j’étais le seul maître aux commandes. Le pilote professionnel en question était quant à lui sur le siège passager, les bras croisés, et se contentait de me donner des instructions sans jamais intervenir ! Je vous laisse imaginer le stress qu’on peut ressentir en vol, surtout lorsqu’on rapproche l’appareil de la piste d’atterrissage et que le pilote répète de plus en plus rapidement : « plus doucement ! Plus doucement ! » (mais là aussi, sans jamais intervenir !). Quand je suis descendu de l’appareil, j’étais en nage, mais heureux comme jamais. Le fait d’avoir fait atterrir l’appareil n’était en soi pas un exploit : piloter un avion peut paraître un peu effrayant, mais en fait, c’est à la portée de tous. On peut apprendre à piloter avant même d’avoir le permis automobile, c’est donc que ce n’est pas trop compliqué ! Si vous avez un jour l’occasion d’essayer, n’hésitez pas. Le pilotage d’avion est une expérience vraiment unique. Je vous mets en lien mon vol en avion à Aix en Provence.


Idées d’actions

Outre les idées d’action et de puissance, l’idée de liberté enveloppe celle du moi, conçu comme cause amenant la puissance à l’acte. Mais avons-nous conscience du moi comme d’une réalité vraiment indépendante et active? Là est le grand problème. Bain, dans sa critique de la liberté conçue comme détermination de soi par soi-même, nie l’existence d’une région séparée qui serait le moi, et dit qu’il ne reste rien en nous, pas plus que dans un «morceau de quartz, après l’énumération complète ou exhaustive de toutes les qualités.» Même doctrine chez Spencer, qui voit dans l’illusion du moi séparé la raison de l’illusion du libre arbitre.—Cherchons d’abord les difficultés que soulève cette doctrine purement phénoméniste. L’énumération exhaustive, peut-on dire, ne suffit que pour les choses purement numériques et numérables; même alors, elle présuppose une qualification, et le nombre ne sert que de cadre extérieur aux qualités spécifiées. Maintenant, mettez sur une même ligne tous mes événements passés, présents, à venir, et supposons la qualification complète. Douleur + plaisir + pensée + autre plaisir + désir…, est-il bien sûr que ce soit là le tout de moi-même? Il faut au moins, comme pour les nombres, ajouter ce qui relie ce tout en une synthèse; et le lien n’est plus ici entre des quantités discontinues, mais entre des événements continus. En outre, je ne relie pas seulement les faits entre eux; mais je les relie tous à un terme supérieur et enveloppant, quoique non vraiment «séparé», qui est ma conscience même et que j’appelle moi. Il faut donc ajouter à notre liste ce caractère remarquable qui fait que chaque terme est pensé et pensé comme mien, qu’il est ou me paraît mien. Nous avons alors: douleur et attribution à moi + plaisir et attribution à moi, etc. Ce n’est pas encore tout; car, dans la trame de ce qu’on appelle mes événements, il y a des choses que je ne considère pas comme miennes de la même façon que les autres: il y a des choses dont, à tort ou à raison, je crois voir en moi la condition ou suffisante ou principale et que j’attribue à mon activité, d’autres que je subis et que j’attribue à des conditions non contenues dans la série des choses miennes. Si on ne tient pas compte de tout cela, l’exhaustion ne sera pas complète. Or, tout cela n’est plus une simple numération, ni même une simple qualification, mais une attribution, une relation toute particulière des termes multiples et changeants à un terme qui s’apparaît à lui-même comme permanent.—Il nous suffira, direz-vous, d’ajouter à chaque fait la propriété d’apparaître comme mien, d’avoir pour conséquent uniforme l’idée d’un moi, et l’exhaustion sera alors complète: la liste ainsi achevée sera l’équivalent de ce qu’on appelle la personne et pourra lui être substituée.—Oui, répondront les partisans de l’objectivité du moi, mais c’est peut-être comme on substitue à un cercle des polygones d’un nombre indéfini de côtés, qui donnent l’approximation indéfinie du cercle sans donner jamais le cercle lui-même. Dans la pratique de la vie et dans le langage, la série des événements miens est le substitut du moi: il n’est pas certain qu’elle soit adéquate au moi lui-même. Ce que nous désignons par moi, c’est la raison, quelle qu’elle soit, de la synthèse finale, la cause de cette constante réduction à l’unité. Il y a quelque chose qui fait que tous mes éléments sont liés entre eux, et liés à l’idée de moi-même; et c’est ce quelque chose, esprit ou cerveau, dont les événements intérieurs semblent le substitut.


Spéculations scientifiques sportives

Les spéculations scientifiques roulent sur un usage transcendant des catégories de possibilité et de réalité, sur lesquelles nous reviendrons à propos de la contingence des actions. Au point de vue métaphysique, il est sans doute plausible d’admettre une différence entre la cause et les effets, sans quoi les effets se confondraient avec la cause; il y a dans la cause une raison de changement, de nouveauté, une sorte de fécondité que nous nous représentons sous le nom de puissance. Mais, sans s’abîmer dans un mystère métaphysique commun à toutes les doctrines, il faut revenir au côté psychologique du problème, qui fait le véritable objet de la question présente: où prenons-nous l’idée de puissance, et en quoi consiste réellement la puissance dont nous croyons avoir conscience? Or, à ce point de vue vraiment intérieur, il nous semble que les psychologues de l’école spiritualiste n’ont pas trouvé plus que Stuart Mill lui-même le véritable moyen terme entre la possibilité abstraite et le fait réel. Nous avons déjà vu ce qu’il y a d’artificiel dans le dilemme aristotélique: Ou je suis actuellement assis ou je suis actuellement levé, et point d’autre milieu s’il n’y a pas de puissance:—ce dilemme laisse échapper dans son abstraction un intermédiaire concret et vivant: cet intermédiaire, selon nous, est l’idée, avec la force qui lui est inhérente et dont nous avons essayé de faire comprendre la nature. Quand je suis immobile, je puis avoir l’idée de marcher; cette idée est une image; cette image implique un ensemble de mouvements cérébraux et un certain état du système nerveux; cet ensemble de mouvements et cet état nerveux est précisément le début des mouvements de la marche, le premier stade de l’innervation qui, si elle acquérait un certain degré d’intensité, aboutirait à mouvoir mes jambes. L’image même de mes jambes existe dans mon imagination quand je pense à marcher. Je puis marcher, signifie:—Je commence l’innervation aboutissant à la marche. Puissance, au point de vue psychologique, c’est la conscience d’un conflit de représentations auquel répond dans le cerveau un conflit de mouvements en sens divers. La puissance des contraires, avons-nous dit, est le côté interne de la composition des forces en équilibre mutuel et instable. La conscience de la puissance se ramène donc à la conscience du mouvement imprimé, c’est-à-dire du changement, et du changement selon une loi. Là encore la conscience de la liberté nous échappe. Quant au mystère que nous trouvons sous le mouvement et le changement même, c’est celui du temps et du devenir.


Le bon mix public-privé pour augmenter le tourisme

J’ai eu la chance d’assister à une conférence à Londres sur l’état du tourisme en Europe, avec un focus spécial sur la France, qui dénote une complémentarité « public-privé » dont les relations restent encore tendues – Manque d’implication des professionnels dans l’élaboration et la mise en place des politiques touristiques concernant la promotion et la commercialisation. Les professionnels se sentent délaissés, voire « mis de côté » et estiment que ces questions fondamentales restent encore trop aux mains des organismes institutionnels. – Meilleure répartition entre acteurs publics et privés : promotion/image pour les uns, et commercialisation/vente pour les autres. Le poids des charges de représentation à l’étranger, la multiplicité des participations, notamment au niveau des salons, ainsi que le coût pour assister à des forums ou à des séminaires, brouillent l’image qu’ont les professionnels du secteur privé de l’action du secteur public en matière de tourisme. Le modèle espagnol a été de nombreuses fois cité comme l’exemple d’organisation à suivre : « Cette organisation fait penser à une mêlée de rugby où l’État espagnol est en première ligne pour la promotion et l’image, et passe ensuite la balle aux trois-quarts, que sont les acteurs privés touristiques pour la commercialisation et la vente. » 1.6 – Un déficit de maîtrise de la distribution du produit France – Impact de la TVA sur le tourisme réceptif : aujourd’hui les vrais « drivers » de l’incoming ne sont pas français, mais sont les TO étrangers. Il est certain qu’une TVA à 19,6 % est pénalisante pour nos réceptifs par rapport à leurs collègues étrangers et ne les incitent donc guère à engager des efforts dans cette voie. – Déficit de maîtrise de la distribution à l’international : si la France dispose de marques fortes, comme le Club Méditerranée, Pierre & Vacances ou Accor, celles-ci doivent encore multiplier leurs efforts pour pouvoir prétendre à une maîtrise parfaite de la distribution à l’international. C’est en ce sens que le partenariat de trois ans signé en juin de cette année entre les hôtels Accor et Atout France trouve tout son intérêt et doit servir d’exemple. 1.7 – Un retard technologique au niveau de l’information et de la promotion qui se creuse par rapport à nos principaux concurrents Le rapport d’activités 2010 d’Atout France indique un nombre de visites sur le web stagnant (+ 1,1 %) et un nombre de pages vues en diminution (- 3,3 %). Ce retard a pu contribuer au fléchissement des retombées économiques de la destination France. Dans le même temps, « Turespana » décidait de relancer l’offensive sur les médias sociaux en s’appuyant sur un budget de 8 millions d’euros, avec pour principales nouveautés la création d’une chaîne sur YouTube et d’une page Facebook pour chaque office régional de tourisme ainsi qu’une application iPad. La nouvelle version du portail rendezvousenfrance.com qui fait la part belle aux médias sociaux, aux cartes interactives, aux visuels et aux applications mobiles devrait sans aucun doute combler une partie de ce retard. Source: séminaire Londres

 

 


La Suisse et les conséquences du réchauffement climatique

La Suisse se réchauffe… et les effets sur le tourisme sont multiples, en particulier sur le tourisme d’hiver dont la dépendance au climat en fait un secteur économique particulièrement vulnérable. Victime certes, mais aussi générateur de gaz à effet de serre, le tourisme doit prendre conscience de sa responsabilité. Le défi climatique concerne en premier lieu les acteurs touristiques. Dans les domaines skiables, les études d’impact révèlent de fortes disparités régionales, la diminution de la couche neigeuse en basse et moyenne altitude ayant des conséquences considérables sur de nombreuses stations. Les incertitudes sont toutefois grandes quant aux effets réels des stratégies d’adaptation : comment atténuer les émissions de gaz à effet de serre lorsque la réponse la plus commune consiste à miser sur l’enneigement artificiel ? Cette tendance soulève de sérieux problèmes environnementaux, paysagers et économiques. Le défi climatique est aussi celui des pouvoirs publics qui soutiennent le tourisme dans notre pays. Si la volonté d’agir semble bien là, le bilan reste encore très mitigé en termes de cohérence et de coordination des mesures d’adaptation aux effets des changements climatiques.


L’impact des attentats sur le tourisme à Paris

Annulations, départs anticipés et désaffection, l’ensemble des établissements, toutes catégories confondues, a été touché par les événements du 13 novembre 2015. Les cafés, bars et brasserie affichent un taux d’occupation pour la semaine du 13 au 19 novembre de -38% par rapport à la semaine précédente et de -44% quand il est comparé à la même semaine de l’année 2014. Le taux d’occupation prévisionnel pour les fêtes de fin d’année (du 20 au 31 décembre) est quant à lui de -35%. Les chiffres relatifs aux hôtels sont également en très forte baisse: le taux d’occupation pour la semaine du 13 au 19 novembre, comparé à la semaine précédente, est de -51%. Il chute à -57% par rapport à la même période l’année dernière. Le taux d’occupation prévisionnel pour les fêtes de fin d’année (du 20 au 31 décembre) est quant à lui de -34%. Les restaurants ne sont pas épargnés, le taux d’occupation est de -38% par rapport à la semaine précédente. Il recule de 45% quand il est comparé à la même semaine de l’année 2014. Le taux d’occupation prévisionnel pour les fêtes de fin d’année (du 20 au 31 décembre) est actuellement de -27%. Les traiteurs organisateurs de réceptions sont aussi très touchés en raison de l’annulation quasi-systématique de l’ensemble des manifestations. « Ils sont à l’évidence en sursis enregistrant des annulations de près de 80% de leur activité tandis que d’autres déplorent d’ores et déjà la perte de 25% de leur CA prévisionnel », ajoute le SYNHORCAT-GNI. Une délégation du SYNHORCAT-GNI, conduite par monsieur Didier Chenet, président de l’organisation, a rencontré Martine Pinville, Secrétaire d’État chargée du Commerce, de l’Artisanat, de la Consommation et de l’Économie Sociale et Solidaire le 19 novembre. Le syndicat a réclamé aux Autorités des mesures fortes. Il explique: « Au regard des annulations atteignant des proportions bien supérieures à celles de janvier 2015, de très nombreux professionnels, déjà fragilisés par la crise, doivent tout mettre en œuvre pour la pérennité de leurs établissements et éviter leur fermeture pour raisons économiques ». Le syndicat demande notamments aux pouvoirs publics de renforcer la sécurité du pays et de veiller à la sécurité des différents établissements en déployant des forces de l’ordre dans les rues. « Il est important d’obtenir des consignes de sécurité claires du Ministère de l’Intérieur ou des Préfectures, pour pouvoir les appliquer et les afficher dans nos différents établissements ». Il ajoute: « Nos professionnels ne demandent pas l’aumône et souhaitent vivre des revenus de leur travail, aussi il est demandé de ne pas annuler systématiquement les manifestations prévues, mais uniquement en cas de menaces ou de danger imminents ».


Salisbury

Lors de mon dernier séjour à Londres, la semaine dernière, j’ai profité que celui-ci avait lieu un vendredi pour retarder mon retour et profiter d’un week-end sur place. Evidemment, il était hors de question de rester dans la capitale, que je ne connais que trop (je m’y rends chaque mois pour le travail). Je me suis donc évadé jusqu’à Salisbury, à l’ouest de Londres, et au nord-ouest de Southampton. L’occasion pour moi de découvrir la célèbre et superbe cathédrale, que je ne connaissais jusqu’alors que grâce à la peinture, et dont j’ignorais l’histoire. Grâce aux tableaux du XIXe siècle de Turner et Constable, le monde entier connaît la cathédrale de Salisbury et son emblématique flèche de 123 mètres, la plus haute du pays. Commencée en 1220 et achevée en un temps record (trente-huit ans, à l’exception de la flèche qui fut ajoutée à la fin du siècle), la cathédrale de Salisbury présente la meilleure homogénéité architecturale de toutes les grandes cathédrales européennes et représente l’apogée du style gothique primitif anglais. Elle contient également la plus ancienne (XIIIe siècle) horloge en état de fonctionnement au monde ! Celle-ci est constituée d’un remarquable mécanisme : elle ne possède pas de cadran et sonne les heures sur une cloche. J’ai grimpé l’escalier intérieur de la flèche afin de jouir de la vue exceptionnelle de Salisbury et de sa plaine ainsi que de Stonehenge, un autre site remarquable du Wiltshire (je ne pense pas qu’il soit utile de vous le présenter, celui-là). Le panorama du haut de la cathédrale est juste exceptionnel. Le soir, j’ai dormi de l’autre côté de la rivière Avon, au Rose and Crown Inn : une ravissante auberge du XIIIe siècle, qui accueille les pèlerins et les voyageurs. Que ce soit pour ses poutres d’origine (taillées à la main) ou pour son hospitalité, l’endroit était parfait. La chambre, tout en angles (elle était dans les combles et à une extrêmité du bâtiment), ressemblait à un repaire de hobbit, avec son plafond bas et ses poutres apparentes. J’y étais tellement bien que j’y suis resté la journée du lendemain. Imaginez-vous dans un cadre bucolique, au bord de la rivière avec vue sur la flèche de la cathédrale : un décor digne d’une toile de Turner.


Holy Island depuis les airs

La semaine dernière, je me suis rendu à Holy Island, en Angleterre, où j’y ai visité le prieuré de Lindisfarne. Ainsi résumé, l’expérience ne semble pas représenter grand intérêt. Mais les ruines du prieuré sont d’une part superbes et fascinantes à contempler, semblables à une dentelle de pierre arachnéenne, toute de colonnes et d’arches fines. D’autre part, j’ai également eu l’occasion de les découvrir depuis les airs, lors d’un vol en hélicoptère très agréable. Enfin, le prieuré lui-même n’est pas un prieuré comme les autres : c’est un grand centre de la culture chrétienne des origines. Ce qui confère aux vestiges de Lindisfarne leur puissance d’évocation, au-delà de la beauté du site, c’est le souvenir des balbutiements du christianisme dans l’Angleterre anglo-saxonne, ainsi que le cadre grandiose de l’île et de la côte de la Northumbrie. La communauté fut fondée par saint Aidan, un missionnaire écossais venu évangéliser les païens du royaume saxon de Northumbrie. Un roi local lui avait permis d’utiliser l’île comme base de sa mission. A terme, le monastère devint un centre culturel et artistique, dont l’œuvre la plus célèbre fut, au VIIIe siècle, le superbe manuscrit enluminé des Evangiles de Lindisfarne (aujourd’hui conservé au British Museum). L’un des successeurs les plus notables d’Aidan fut Cuthbert. Célèbre pour ses miracles, il devint l’un des saints les plus révérés du Nord de la Grande-Bretagne. Il se retira un temps dans un ermitage des îles de Farne, voisines, puis fut consacré évêque en 685, deux ans avant sa mort. À peu près un siècle plus tard, la richesse du monastère attira immanquablement les Vikings, si bien qu’en 875 les moines durent quitter l’île pour s’installer sur le continent, emportant avec eux la dépouille de saint Cuthbert et le manuscrit des Évangiles de Lindisfarne. Ils errèrent des années durant avant de se fixer enfin à Durham. En 1104, ils inhumèrent les restes de leur protecteur dans la cathédrale. Rien ne demeure aujourd’hui des bâtiments qu’ils ont connus, les raids des Vikings n’en ont rien laissé. Mais en 1083, un petit prieuré bénédictin dépendant de Durham fut fondé à Lindisfarne. Henri VIII ordonna sa fermeture en 1537, mais les ruines de l’église normande, usées et patinées par les éléments, demeurent. La fenêtre d’ouest, restaurée à partir de 1850, et la gracieuse arche témoignent d’une vie religieuse et culturelle vieille de près d’un millénaire. Ou un tableau de Caspar David Friedrich. C’est en tout cas un lieu romantique à souhait dont la visite n’a pas manqué de me fasciner ! Le vol en hélicoptère, pour court qu’il ait été, m’a également bien fasciné, et j’envisage déjà de réitérer l’expérience en France. Cette fois, ce sera du côté de Saint-Michel. Je gage que le spectacle depuis la verrière du cockpit sera encore plus impressionnante ! Cliquez sur le lien pour obtenir le contact du prestataire de ce vol en hélicoptère.


Des villes « intelligentes »

Les destinations se réinventent, en se nourrissant d’intelligence artificielle. Nos confrères de L’Usine Digitale vous font découvrir cinq villes qui testent des idées digitales pour se simplifier le quotidien, ainsi que la vie des touristes. Depuis 2012, Lisbonne donne accès à d’importantes données privées et publiques, converties en interfaces de programmation (API). La destination est ainsi devenue le chef de file de CitySDK, un programme européen qui vise à fournir des outils aux villes et aux développeurs pour leur permettre de créer plus facilement des applications (notamment touristiques). La capitale portugaise a accompagné à dessein des concours, organisés par des partenaires privés, afin de motiver des start-up. Lisbonne a entraîné dans sa dynamique d’autres grandes villes, d’Amsterdam à Barcelone, en passant par Helsinki. A lire : Grâce à l’open data, Lisbonne donne le pouvoir aux start-up… et aux visiteurs. Big Apple débute le déploiement du réseau de wifi public gratuit qui se veut le plus rapide et le plus vaste du monde, baptisé « LinkNYC ». Il sera matérialisé par des bonnes interactives (aux emplacements des actuelles cabines téléphoniques), avec deux faces couvertes de larges écrans proposant des services aux habitants comme aux touristes. A commencer par un accès Internet « à haute vitesse », la gratuité des appels vers des numéros aux Etats-Unis, des cartes interactives ainsi que des informations sur les points d’intérêt du quartier. Les premières bornes doivent être installées avant la fin de l’année. A lire : A New York, de la connectivité jusque dans les poubelles. A Mexico City, prendre le bus est un vrai casse-tête ! La capitale mexicaine, qui figure dans le top 5 des villes les plus peuplées du monde, compte 1400 lignes de bus publics mal répertoriés. Face à l’inefficacité de l’administration, les habitants ont pris les choses en main, ce que les touristes apprécieront. A l’occasion d’un « mapathon » (hackathon cartographique) mobile, les citoyens commencent à partager les trajets des bus via leurs smartphones. A lire : A Mexico City, les habitants vous aident à prendre le bus. Les « beacons », ces balises permettant la micro-géolocalisation, servent aujourd’hui à des opérations locales de marketing, pour pousser des promotions sur les smartphones des consommateurs qui passent à proximité des magasins. Varsovie leur dessine un avenir plus grand. La municipalité compte gagner en intelligence en déployant un système de navigation urbaine basée sur les beacons. Le projet de la capitale polonaise est pour le moment à un stade expérimental. A lire : A Varsovie, des beacons pour être guidé les yeux fermés. Après ses applications « Châteaux de Versailles » et « Jardins de Versailles », le domaine du roi Soleil propose désormais de suivre les traces de Louis XIV, Marie-Antoinette ou encore Napoléon 1er et les impératrices, du côté des petit et grand Trianon. Le visiteur, géolocalisé par la nouvelle app « Châteaux et jardins de Trianon », est alerté dès qu’il passe à proximité d’un lieu remarquable. Il peut alors agrémenter sa balade de commentaires audio, de vidéos, de photos, de jeux, ou des nombreuses archives historiques. A lire : Versailles offre une app au Trianon.