Le monde des loisirs

Les députés en toute impunité

En informatique, les virus ont ceci de positif qu’ils montrent les failles du système, et qu’on peut de fait les corriger. L’affaire Fillon est semblable à un virus, et il nous faut maintenant corriger les failles révélées. Jeudi dernier, on m’a envoyé à Washington pour un incentive, et j’ai parlé de ça toute la journée avec les personnes présentes. Et ce fut tout à fait instructif. J’ai notamment découvert comme cette controverse a offensé les français. Quel que soit le bord politique, l’exaspération était profonde parmi les participants. Même ceux qui supportaient Fillon depuis les tout début le défendaient mollement : ils étaient carrément dégoûtés par les agissements du bonhomme. Cette histoire a révélé une fois encore la justice à deux vitesses qui est à l’oeuvre. Mais le pire, dans tout ça, reste selon moi l’attitude de Fillon dans cette épreuve. C’est simple, il ne fait plus du tout dans la dentelle. Du personnage digne et tout en retenue, il n’y a plus aucune trace. Fillon a joué les maris blessés, condamné les journalistes à chacune de ses interventions… Fustiger ces derniers est bien sûr une défense habituelle dans de telles affaires : c’est le meilleur moyen de ne pas avoir à répondre aux faits qui sont reprochés. La base du problème, c’est que nos représentants considèrent le pays qu’ils dirigent comme une source de revenus sans fonds. Les libertés qu’a pu prendre de Fillon durant des années ont trahi le fait qu’il n’y a aucun organisme pour réguler la comptabilité de ces élus : ceux-ci sont totalement en roue libre. Il serait vraiment temps de mettre de l’ordre dans ce paradis (fiscal) parlementaire. Et cela arrivera, tôt ou tard. L’on va vers de plus en plus de transparence, même si c’est toujours à reculon. Des années durant, par exemple, l’Elysée n’a pas été subordonné à un devoir de transparence. Jusqu’à l’ère Sarko : ce dernie ra en effet fait en sorte que les dépenses de l’Elysée soient vérifiées par une autorité extérieure. Et depuis cette époque, les dépenses présidentielles sont scrutées au peigne fin ! Et ça n’a rien d’anomal dans une démocratie : il faudrait vraiment qu’une autorité puisse inspecter les dépenses de nos élites. En tout cas, j’ai trouvé cet incentive aux USA très divertissant. L’agence qui la mené à bien a fait un travail remarquable tout du long.


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