Le monde des loisirs

Les cyberviolences

Telles que l’ont montré les études de la dernière décennie, les cyberviolences ne s’exercent pas sans lien avec les expériences en présentiel. Elles doivent être considérées comme partie intégrante de comportements violents plus larges. Les enquêtes ont établi un lien statistique fort entre les épisodes de cyberviolence et ceux de violence dite traditionnelle, laissant entendre qu’ils pouvaient s’inscrire en continuité les uns des autres. Plus particulièrement, les cyberviolences doivent être considé- rées comme des violences interpersonnelles intervenant dans un périmètre de proximité soit géographique, soit relationnelle, et ce pour au moins deux raisons. D’abord, elles ne se construisent pas indépendamment des violences exercées en présentiel (soit dans l’espace de l’école, de la rue, du quartier, etc.), mais s’inscrivent en dialogue avec elles. Les élèves impliqués dans les cyberviolences, que ce soit en tant que victimes ou agresseurs, sont souvent les mêmes que ceux et celles qui le sont dans la vie ordinaire, le cyberespace assurant parfois l’impulsion initiale, parfois le relais des comportements agressifs constatés en présentiel. Être victime en ligne augmente ainsi le risque de l’être hors ligne et vice versa. Bien entendu, les violences engendrent un niveau de détresse plus important pour les élèves qui cumulent les victimations en ligne et hors ligne. Les cyberviolences sont donc à comprendre comme des violences de proximité qui procèdent par aller-retour entre ces différents espaces, où elles peuvent respectivement se diffuser, s’étendre, voire prendre d’autres formes. Le cyberespace ne constitue pas un espace séparé, délimité, isolé. Les relations sociales comme les violences transitent du présentiel au cyberespace, conduisant plutôt à ébaucher un présentiel augmenté, une extension de la relation en co-présence. Dans ce sens, le cyberespace appartient à la même réalité sociale que l’espace présentiel. D’ailleurs, contrairement à certains cas médiatisés5, une majorité de cyberviolences sont le fait de pairs plutôt que d’étrangers mal intentionnés (stranger danger).


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