Le monde des loisirs

Holy Island depuis les airs

La semaine dernière, je me suis rendu à Holy Island, en Angleterre, où j’y ai visité le prieuré de Lindisfarne. Ainsi résumé, l’expérience ne semble pas représenter grand intérêt. Mais les ruines du prieuré sont d’une part superbes et fascinantes à contempler, semblables à une dentelle de pierre arachnéenne, toute de colonnes et d’arches fines. D’autre part, j’ai également eu l’occasion de les découvrir depuis les airs, lors d’un vol en hélicoptère très agréable. Enfin, le prieuré lui-même n’est pas un prieuré comme les autres : c’est un grand centre de la culture chrétienne des origines. Ce qui confère aux vestiges de Lindisfarne leur puissance d’évocation, au-delà de la beauté du site, c’est le souvenir des balbutiements du christianisme dans l’Angleterre anglo-saxonne, ainsi que le cadre grandiose de l’île et de la côte de la Northumbrie. La communauté fut fondée par saint Aidan, un missionnaire écossais venu évangéliser les païens du royaume saxon de Northumbrie. Un roi local lui avait permis d’utiliser l’île comme base de sa mission. A terme, le monastère devint un centre culturel et artistique, dont l’œuvre la plus célèbre fut, au VIIIe siècle, le superbe manuscrit enluminé des Evangiles de Lindisfarne (aujourd’hui conservé au British Museum). L’un des successeurs les plus notables d’Aidan fut Cuthbert. Célèbre pour ses miracles, il devint l’un des saints les plus révérés du Nord de la Grande-Bretagne. Il se retira un temps dans un ermitage des îles de Farne, voisines, puis fut consacré évêque en 685, deux ans avant sa mort. À peu près un siècle plus tard, la richesse du monastère attira immanquablement les Vikings, si bien qu’en 875 les moines durent quitter l’île pour s’installer sur le continent, emportant avec eux la dépouille de saint Cuthbert et le manuscrit des Évangiles de Lindisfarne. Ils errèrent des années durant avant de se fixer enfin à Durham. En 1104, ils inhumèrent les restes de leur protecteur dans la cathédrale. Rien ne demeure aujourd’hui des bâtiments qu’ils ont connus, les raids des Vikings n’en ont rien laissé. Mais en 1083, un petit prieuré bénédictin dépendant de Durham fut fondé à Lindisfarne. Henri VIII ordonna sa fermeture en 1537, mais les ruines de l’église normande, usées et patinées par les éléments, demeurent. La fenêtre d’ouest, restaurée à partir de 1850, et la gracieuse arche témoignent d’une vie religieuse et culturelle vieille de près d’un millénaire. Ou un tableau de Caspar David Friedrich. C’est en tout cas un lieu romantique à souhait dont la visite n’a pas manqué de me fasciner ! Le vol en hélicoptère, pour court qu’il ait été, m’a également bien fasciné, et j’envisage déjà de réitérer l’expérience en France. Cette fois, ce sera du côté de Saint-Michel. Je gage que le spectacle depuis la verrière du cockpit sera encore plus impressionnante ! Cliquez sur le lien pour obtenir le contact du prestataire de ce vol en hélicoptère.


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